D'où vient ce livre

Les récits de Babylone ont été publiés par George S. Clason dans les années 1920, sous forme de pamphlets distribués par des entreprises et des banques. Clason écrivait dans un style archaïque inspiré de la Bible du roi Jacques, en utilisant Babylone comme cadre pour enseigner des principes financiers fondamentaux. L'éducateur financier Charles Conrad en a repris les récits pour les adapter au lecteur d'aujourd'hui.

Pourquoi Babylone ? Située dans le Croissant fertile, entre le Tigre et l'Euphrate, elle fut autrefois la plus grande cité du monde. Elle a été pionnière de l'écriture, des codes de loi et des systèmes bancaires — et sa richesse venait de l'ingéniosité humaine, non de ressources naturelles.

L'histoire

Nasir est l'homme le plus riche de Babylone. Fils d'un artisan modeste, il partage son secret avec son vieil ami Ravi, qui peine à subvenir aux besoins de sa famille. Sa fortune, dit-il, ne repose ni sur la chance ni sur les dieux, mais sur l'obéissance à des Lois de la Richesse — simples, mais méconnues du grand public.

Nasir avait commencé comme scribe, sans réussir à joindre les deux bouts. Un jour, il propose un marché à Arishaka, un riche prêteur : il terminera un travail urgent en échange du secret de sa richesse. Arishaka lui révèle la première loi — « Une partie de tout ce que tu gagnes t'appartient. » La plupart des gens dépensent tout ce qu'ils gagnent ; pour s'enrichir, il faut épargner au moins 10 % de ses revenus, puis investir ces économies pour qu'elles se multiplient. Nasir applique le principe et passe de scribe pauvre à marchand prospère.

Vaincre la dette

Nasir raconte comment il a remboursé ses dettes tout en continuant d'épargner. Il décide de ne plus contracter de nouvelles dettes et répartit ses revenus : un dixième épargné et investi, deux dixièmes pour rembourser ses dettes, sept dixièmes pour vivre. Il négocie avec ses créanciers une somme fixe chaque mois, évitant pénalités et intérêts supplémentaires. En un an, toutes ses dettes sont remboursées — et sa réputation d'honnêteté renforce sa place à Babylone.

Pour lui, la vraie richesse est la liberté financière, et la dette une forme d'esclavage : un homme qui paraît riche mais a tout acheté à crédit reste l'esclave de ses créanciers.

Apprendre de ses erreurs

Ravi, enthousiaste, veut savoir comment un simple charpentier pourrait bâtir une vraie fortune. Nasir lui confie son premier échec : il avait prêté ses économies à Balashi, un briquetier, pour un projet de commerce de joyaux. Le cousin de Balashi est revenu avec des pierres contrefaites — perte totale. Arishaka l'avait pourtant mis en garde, mais l'avait laissé apprendre par l'expérience.

Les leçons d'Arishaka : n'investir que dans des affaires que l'on comprend et qui montrent des profits réguliers ; se fier aux experts d'un domaine plutôt qu'aux amateurs ; et se rappeler que le meilleur investissement reste celui qu'on fait en soi-même, par l'éducation et les compétences. Plus tard, Nasir investit dans l'affaire fiable de Ubar, un bronzier, ce qui lui rapporte beaucoup et l'introduit dans le commerce du métal. Il prend soin, dès lors, de diversifier ses placements.

Transmettre

Attablés dans un café de Babylone jusqu'au coucher du soleil, Nasir confie son souhait : que la cité soit peuplée de gens honorables et responsables, car la prospérité d'une ville dépend de citoyens indépendants et économiquement responsables. Ravi promet d'enseigner ces lois à sa famille et à autrui — comparant son apprentissage à un investissement dont il rendra les intérêts. De retour chez lui, il grave les Six Lois sur une plaque de bois qu'il expose devant sa porte, pour en faire profiter son entourage.

Les Six Lois de la Richesse

  1. I
    Conserver une partie de tout ce que l'on gagne. Épargner au moins 10 % de ses revenus.
  2. II
    Faire travailler ses économies pour soi. Investir afin que l'argent fructifie.
  3. III
    Éviter la dette. Les pauvres paient des intérêts ; les riches en perçoivent.
  4. IV
    Ne pas spéculer. Fuir les promesses de richesse rapide ; privilégier des investissements solides et compris.
  5. V
    Investir en soi-même. Acquérir connaissances et compétences pour augmenter son pouvoir de gain.
  6. VI
    Protéger sa fortune. Par la diversification et l'assurance.
Sur Le Dixième, on en retient d'abord deux : garde un dixième, puis fais-le travailler. Le reste vient ensuite, naturellement.